Au fil des décisions qui amènent l'oeuvre à son terme, le profond sentiment qui réclamait un espace en prend enfin possession. Il se révèle alors, riche de développements et de variations. Il a suscité un rythme, provoqué des mouvements, mis en relation des éléments contraires, causé l'avènement d'un lieu inconnu qui lui répond, l'accueille et lui ressemble.
C'est un ailleurs qui se dessine, un monde brut qui germe et sort de terre, seulement préoccupé de sa croissance et de sa nouvelle jeunesse. L'espoir y domine, mais un espoir guerrier, qui peut détruire aussi bien qu'il apaise, qui affirme et interroge. Ainsi, un désir d'univers, un sentiment de l'espace part-il à la conquête de sa réalité où le sens ne se trouve que par la confrontation au chaos.
Le peintre explore l'image et l'image l'explore. Le souffle initiateur qui veille en lui le trouble: il en est maître et serviteur. A-t-il inventé une forme qu'il s'aperçoit aussitôt que cette forme l'a inventé. Reconnaît-il un accord juste qu'aussitôt il se reconnaît en lui. Alors se révèle la compositions des lieux intérieurs. Ces vues d'un pays inconnu et si proche, je les savoure, découvrant ainsi des paysages de combats, de victoires et de déchirements; d'autres, sans terres ni horizon, faits de nuits et de matins circulaires. J'y ai découvert des abîmes et des flots de clarté, mais toujours et en tous lieux, l'espoir farouche de l'Archange.





